Peut-on se passer de salles pour célébrer le culte et se réunir, d’une cuisine pour préparer des repas, de locaux pour les jeunes ? Si certains l’ont prôné à une époque, désirant que l'Église vive la pauvreté et la « désinstallation », aujourd’hui on est plutôt sensible aux chances qu’offre l’existence de bâtiments paroissiaux. Au-delà des charges à assumer, un centre paroissial est un instrument précieux de vie communautaire : il est bien agréable de pouvoir se retrouver et accueillir « chez soi » ou de pouvoir décider d’une rencontre à l’improviste sans avoir à réserver un lieu. Et cela rejoint la préoccupation de visibilité qui habite les protestants ; un bâtiment permet de se montrer dans la ville ou le village et, peut-être, de faire entendre quelque chose du message qui rassemble les fidèles.
Se déplacer. L’expression est ici à prendre dans les deux sens : se déplacer physiquement vers un « autre part », et se décentrer de ses habitudes. A Lyon, le nouveau centre paroissial « Théodore Monod » répond à une volonté d’adaptation à l’évolution urbaine et s’inscrit dans une démarche « missionnaire ». Edifier une paroisse hors des limites traditionnelles de la ville « au-delà du Boulevard de ceinture », c’est, pour l’Eglise réformée de Lyon (ERL), un pari pour le présent et pour l’avenir ! En effet, l’ERL implante un centre paroissial dans une zone perçue naguère comme une campagne industrielle et prolétaire, à la réputation sulfureuse injustement généralisée. Mais Lyon s’est étirée vers l’est ces dernières années.